Le POÊLE de MASSE compatible avec les exigences de la RT2012

Rappel sur le poêle de masse

Le poêle de masse, encore appelé « poêle à inertie » ou « poêle à accumulation », est classé dans les « appareils de chauffage à combustible solide et à libération lente de chaleur ». Ce poêle est encadré par les normes NF EN 15.250 pour les appareils standardisés seulement et NF EN 15.544 pour les appareils construits in situ sur le modèle autrichien seulement. L’AFPMA  et la MHA (association nord américaine) travaillent sur une méthode de calcul de dimensionnement plus polyvalente.

C’est un poêle à bûches très performant avec pour particularités :

  • un système constructif maçonné,
  • une flambée courte (env. 1h30 par jour), intense et très complète, donc une faible pollution et un  usage peu contraignant,
  • le stockage rapide d’une grande quantité de chaleur dans une masse accumulatrice en matériaux lourds,
  • une faible puissance de chauffe (1 à 3 kW en moyenne) relativement stable sur une période donnée,
  •  une restitution de la chaleur par rayonnement basse température sur une longue période (souvent 12 à 24h).

Ces caractéristiques le rendent approprié à des bâtiment à faible besoins énergétiques. Il satisfait les habitants soucieux d’avoir un équipement à haute performances, valorisant proprement une source d’énergie renouvelable, moyennant des contraintes d’utilisation réduite au minimum. Il n’y a plus d’entretien du feu toute la journée (seulement 1h30 à 2h par jour) ni de feu continu en période nuit.

Principe de base du poêle de masse et Intérêt dans un habitat RT 2012

C’est un système de chauffage au bois alliant confort et sobriété. Réalisé sur mesure, le poêle de masse est un mode de chauffage unique, principal ou complémentaire. Il est souvent associé à un projet de rénovation ou de construction bioclimatique. Ces poêles dans leur version étanche, sont particulièrement adaptés à l’habitat BBC, RT 2012, voire la maison passive. En effet on peu construire de très petits poêles de masse, présentant une grande réactivité et une faible autonomie. L’appareil est alors compatible avec une stratégie de gain solaire optimisé et de forte intermittence des besoins.

Par son principe de fonctionnement de stockage de la chaleur, le poêle de masse génère une température stable avec une diffusion douce, par rayonnement et sans surchauffe, à la condition d’être correctement dimensionné. Physiquement, la puissance restituée du poêle est naturellement régulée en fonction de la température de la pièce, d’autant mieux que sa température de surface maximale reste modérée (parois épaisses).

Que dit la RT 2012 sur le chauffage à bois ?

Ø  La RT 2012 impose avec l’article 16, de « démontrer que la contribution des énergies renouvelables au cep du bâtiment, […] est supérieure ou égale à 5 kWhEP/(m².an) ».

Le chauffage au bois répond ainsi à cette problématique.

Ø La RT2012, avec l’arrêté du 26 octobre 2010 et la fiche d’application sur le chauffage à bois du 18 novembre 2013, impose que « l’installation de chauffage (principal) comporte […] un dispositif d’arrêt manuel et de réglage automatique en fonction de la température intérieure de ce local »*.

* ainsi que d’autres critères liés à la surface et aux autres sources de chauffage.

Si l’appareil à bois est non doté de ce dispositif d’arrêt et de régulation :

→Impossible de le considérer comme chauffage principal ; il devient un chauffage complémentaire.

→ Il faut alors prévoir un chauffage principal. (si ce dernier est électrique, le coefficient de conversion de l’énergie électrique en énergie primaire est majorée d’une sorte de malus est passe à 2,58)

Si l’appareil à bois est doté de ce dispositif d’arrêt et de régulation :

Et :

  • si la surface « Jour » est inférieure à 100m²
  • si absence d’autre émetteur et pas de réservation dans les pièces de jour
  • si émetteur d’appoint ou réservation dans pièces de nuit

      L’appareil à bois devient le chauffage principal  avec application d’un bonus thermique (McGES=0,3)

Alors… le poêle de masse, compatible ou non ?

Oui  – pour le « dispositif d’arrêt manuel »

Pour arrêter un poêle de masse, il suffit de ne pas remettre de bûche, (comme dans une chaudière à bois par exemple). Arrêter de mettre des bûches est un arrêt manuel. Mais comme tout chauffage à inertie (hydraulique ou électrique), cet  arrêt n’engendre pas immédiatement une baisse de production de chaleur. Précisons tout de même que la puissance de chauffe de l’appareil reste relativement modérée.

Oui – pour le « réglage automatique en fonction de la température intérieure »

En complément de la part “rayonnement base température” un système de diffusion d’air chaud peut être installé. Ce système peut être équipé d’une régulation automatisée sur thermostat d’ambiance (surcoût d’env. 200€). Le poêle chauffe alors en partie par convection, en fonction des besoins. La part de rayonnement et la qualité de combustion n’en étant pas affectés. (pour plus de détail, voir le chapitre suivant).

Ainsi, avec ce simple dispositif et en respectant les autres exigences demandées par la RT 2012 (vues au chapitre précédent), le poêle de masse peut parfaitement, et légalement, devenir le chauffage principal d’un logement RT 2012.

Pour aller plus loin – Solution de la régulation automatisée en détail

Le « kombi-ofen » est une variante du poêle de masse, couramment utilisée en Allemagne.

Il possède une capacité d’accumulation obtenue à travers une masse accumulatrice parcourue par les fumées mais peut délivrer une partie importante de sa chaleur sous forme de convection (65% est communément admis).

Cette variante est souvent proposée lorsque le « grundofen » (poêle de masse traditionnel, qui délivre sa chaleur essentiellement par rayonnement)) ne répond pas à un besoin de plus forte réactivité, voire dans certains cas un besoin de distribution d’air chaud dans des pièces excentrées.

L’utilisateur peut alors régler cette puissance de convection par l’intermédiaire d’une grille obturable. Complètement obturée, le poêle réagit comme un poêle de masse classique pour délivrer une puissance nettement plus faible, essentiellement sous forme de rayonnement.

La grille de diffusion, lorsqu’elle est équipée d’un thermostat et d’une motorisation, assure une régulation de la puissance émise par simple ouverture/fermeture de cette entrée en fonction de vos horaires d’occupation et de la température du local. On comprend immédiatement l’intérêt de ce type de système pour s’insérer dans le dispositif de la RT 2012 qui impose un réglage automatique en fonction de la température intérieure.

Les avantages de ce système :

  • On conserve une qualité de combustion parfaite, propre aux poêles à accumulation, car le dispositif de régulation ne perturbe pas le rythme de combustion mais règle uniquement le rythme de diffusion de la chaleur dans votre habitat.
  • Simplicité et autonomie : même en cas de panne électrique, vous aurez toujours chez vous un appareil opérationnel. Il vous suffira d’actionner manuellement les grilles de circulation d’air pour régler comme vous le désirez la puissance de votre poêle en jouant sur la part de convection.
  •   L’énergie délivrée par votre flambée courte et intense est stockées dans une masse accumulatrice pour être diffusée ensuite sous la forme d’un doux rayonnement. Le système de régulation vous permet de libérer cette chaleur plus rapidement, par convection, selon des horaires prédéfinis et la température de votre habitat.

Perspective

Aujourd’hui, les professionnels du poêle de masse, via l’AFPMA, souhaiteraient faire d’avantage reconnaître  ce moyen de chauffage.

Car, le poêle de masse c’est :

  •    un chauffage principal à bois bûche utilisant une énergie renouvelable et locale
  •    des appareils répondant aux critères de pollution les plus strictes : NF EN 15.250 – NF EN 15.544
  •    une durabilité de l’ouvrage exceptionnelle avec peu d’entretien et de pièces d’usure (certains ont plusieurs centaines d’années),
  • Un appareil “low-tech” qui ne rend pas l’usager dépendant d’un système électronique complexe et potentiellement fragile
  •    une logique « d’investissement durable » avec une forte plus value sociale due à un besoin en main d’œuvre important,
  •    une construction à  faible « énergie grise », surtout si les matériaux sont fabriqués localement et valorisent les filières “non cuits” (briques de terre crue) pour les parties non réfractaires,

Ainsi, le poêle de masse répond parfaitement aux critères de « l’investissement durable stratégique »,  intégrant des critères sociaux, écologiques, stratégiques et économiques.

Evolution de la RT 2012

L’AFPMA souhaiterait ainsi voir la réglementation thermique évoluer et notamment différencier le poêle de masse des autres poêles à bois afin d’en faciliter l’intégration dans l‘habitat neuf. C’est un enjeu important pour lequel l’AFPMA a malheureusement peu de moyens de pression. Ce système d’avenir est encore mal reconnu, et pas assez soutenu par les pouvoir public alors qu’il repond parfaitement aux impératifs de transition énergétique.

 

Auteur : Aurélien Germain-Thomas

3 commentaires



  1. Le chauffage par rayonnement est le plus efficient qui soit.
    Mettre en oeuvre des éléments qui transforment la chaleur rayonnante potentielle en chaleur convective est une aberration qui ne peut s’accepter que parce que ceux qui ont rédigé les normes ne comprennent rien aux principes du chauffage par rayonnement.
    Pour bénéficier de toute l’efficacité du système « poêle de masse », de la qualité de la chaleur transmise qui ne chauffe pas l’air mais les corps solides, il est indispensable de modifier la norme et qu’un chapitre soit consacré à ce mode de chauffe particulier qui est le plus respectueux de l’environnement et de la santé des gens qui soit.
    Je conçois parfaitement que tous les lobbies liés aux modes de chauffage convectifs s’opposent à toute modification, les normes leur étant favorables puisque que ce sont ces mêmes lobbies qui les ont concoctées pour les législateurs.
    Les calories perdues ou « excédentaires » liées à ce mode de chauffe sont peu de chose face aux énormes gaspillages d’énergie de tous les autres modes de chauffe si l’on veut bien faire des bilans globaux et non pas seulement concentrés sur le seul rendement du producteur de chaleur.
    Je constate que la France n’est pas mieux lotie en la matière que la Belgique.

    Bon courage dans votre combat. Evitez les fausses pistes qui consistent à essayer de faire dire au poêle de masse ce qu’il ne veut pas dire… et c’est malheureusement ce à quoi vous en êtes réduits pour le moment…

    Cordialement

    Philippe TYBERGHEIN

    Répondre

    1. Nous sommes d’accord sur le fonctionnement et les qualités du poêle de masse.
      L’idée ici est de donner une solution à des clients qui se retrouvent bloquer par la réglementation thermique, via le « Kombi-ofen ».
      Nous restons attacher évidemment au principe d’un « vrai » poêle de masse et travaillons pour les évolution future des normes.
      Mais en attendant, c’est bien une piste qui peut aider…

      cordialement

      Répondre

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